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Liberté, Égalité, Fraternité… Philosophie !

«  Dans les ateliers philo, j’ai aimé le moment où il y avait des débats qui eux étaient impressionnants. Ces débats étaient incroyables car chacun de nous avait une idée différente. »

Non, ceci n’est pas une lapalissade de comptoir, mais une des petites perles ramenées lors de la toute première intervention officielle de l’association Ressources en atelier philo. Un temps de restitution écrit plus qu’encourageant sur la suite à donner à celle-ci (voir en fin de ce post).

Au commencement était un projet porté par le Forum Jacques Prévert (Carros) en lien avec le Lycée Thierry Maulnier (Nice) : « Liberté, égalité, Fraternité… et moi dans tout ça ? » Au menu : ateliers philo et ateliers d’écriture/correspondance entre des élèves de seconde et des apprentis du CFA Nice Côte d’azur. Un projet soutenu par la Région Sud dans le cadre du dispositif INES (INitiatives Educatives Scolaires). Si nous animons les ateliers philo, les ateliers d’écriture sont menés par Julie Villeneuve, auteure et metteure en scène de la Compagnie Le Facteur Indépendant, en partenariat avec le Théâtre Juliette Greco de Carros. Au printemps prochain, des rencontres entre ces lycéens et apprentis sont prévus, avec notamment une mise en voix de certains textes et avec restitution publique.

Côte philo, nous avons proposé un cycle de 3 séances en demi-groupe, soit 6 ateliers au total. En préambule quasi obligé : « Qu’est-ce que philosopher ? ». Lors de la seconde séance, nous avons débattu sur la relation entre égalité et liberté : « L’égalité est-elle une condition nécessaire à la liberté ? ». Nous sommes partis pour cela d’un inducteur on ne peut plus visuel. Enfin, à partir de la question philosophique par excellence, celle du bonheur, nous avons souhaité induire la notion plus actuelle que jamais d’engagement, sollicitant Périclès pour l’occasion : « Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. » En guise d’inducteur, nous avons osé justement. Dans un lycée de la République, projeter la bande-annonce du film Libre sur l’engagement si courageux de Cédric Herrou auprès des migrants. Engagement qui aura permis, entre autre faits d’armes, d’interpeller la constitution elle-même afin qu’y soit définitivement consacré le « principe de fraternité ».

Pour résumer ces six heures de débat, je préfère donc m’effacer face au petit florilège de réactions qu’a permis le principe d’une restitution écrite, un peu plus tard, avec les professeurs. Une chose est certaine : élèves comme professeurs en redemandent ! Deux autres lycées de Nice (Guillaume Apollinaire et Estienne d’Orves) ont d’ores et déjà réservé leurs ateliers philo avec nous. Pour l’heure, ces morceaux choisis d’élèves pour le moins conquis…

 

Palme de la créativité philosophique
(non corrigé orthographiquement volontairement)

«  Philosopher c’est résonné avec sa pensée »

Ce qui m’a surpris

« On n’a rien écrit. Je pensais qu’on allait écrire mais pas du tout. »
«  Ce qui m’a surpris dans les ateliers philo c’est le fait de parler avec l’esprit ouvert. »
«  Ce qui m’a surpris dans les ateliers philo c’est le sens de certains mots qui prennent une tournure. »
«  On a su s’écouter même si on n’était pas d’accord. Et on peut philosopher sur n’importe quoi. »
« Ce qui m’a surpris c’est lorsqu’au début de la séance, on prenait un temps pour « méditer » afin de se mettre dans la séance ».

Ce que j’ai aimé

« Tout le monde avait droit à la parole. »
« Ce que j’ai aimé c’est la liberté de parole. »
«  La détente de ce cours et la liberté d’expression. »
« Discuter avec les gens, avoir leur avis, savoir leur façon de penser, débattre avec les gens. »

Ce que je n’ai pas aimé

«  Ce que j’ai le moins aimé, c’est quand les questions qu’il nous posait, j’aurais aimé avoir une réponse un peu plus claire. »
«  La gêne »
« Le calme »
« C’est que nous n’avons pas les réponses à certaines questions. »

Ce que j’ai retenu

« Qu’il y a tout le temps un pour et un contre dans un débat. »

Ressources, chapitre II

Le 29 mars dernier, la SAS Pressliber éditrice du magazine et journal Ressources faisait l’objet d’une liquidation judiciaire. En huit numéros et deux formules, nous avions tout donné, tout tenté… Une belle aventure de trois ans d’édition de presse prenait fin, non sans le regret de n’être pas passé bien loin d’une réelle pérennisation du titre. Les retours de nos lectrices et lecteurs, autant que celui de nos consoeurs et confrères, nous ont à la fois touchés et confirmés que nous étions sur « un bon produit ». Sans parler de nos deux prix Éco-reportage (2016 et 2017).

Ce qui n’étaient pas forcément visible dans cette intense activité journalistique : nos autres engagements parallèles sur le front de l’éducation. Bien avant la création du magazine/journal Ressources, nous étions en effet engagés chacun de notre côté, Aurélie Selvi (Rédactrice-en-Chef associée de Ressources) et moi-même, sur différentes activités relevant de la de la transmission. Tous niveaux : de l’école primaire jusqu’en fac. Tous azimuts : de l’éducation aux médias jusqu’à la prévention de la récidive. Oui, nous ne manquons pas nous -même de ressources dans cette équipe…

Début 2018, à la faveur d’un appel à projet de la DRAC Paca, « Résidence de Journaliste », sur lequel nous reviendrons bientôt, et alors que nous faisons face à une demande importante sur les ateliers philo, nous avons décidé de faire renaître Ressources sur un modèle économique différent, plus léger. L’association loi 1901 Ressources est née le 8 mars (ça ne s’invente pas), associant projet éducatif, engagement sur la Transition et… possible réactivation des activités d’édition journalistique.

Il n’est pas anodin que développement durable et journalisme s’articulent ainsi de façon crescendo dans notre pays. Et cela, pas seulement depuis les attentats de 2012. L’émergence d’un journalisme de solution qui est tout sauf un journalisme des « bonnes nouvelles », la manipulation des médias traditionnels, le phénomène d’infobésité tous médias confondus, l’urgence écologique chaque jour plus visible, la prise au sérieux des théories de l’effondrement… Les journalistes ont plus que jamais la responsabilité de ne pas se focaliser uniquement sur « les trains qui arrivent en retard » pour faire de l’audience. En 2011, un an donc avant les attentats de Toulouse, était créé le site de journalisme de solution SparkNews ainsi que l’Impact Journalism Day. Son credo : « Pour construire un monde meilleur, commençons par le raconter autrement, et valorisons les initiatives à impact positif pour restaurer la confiance et redonner l’envie d’agir. »

Cette année, avant même la création de l’association Ressources, j’étais personnellement engagé au sein du lycée Thierry Maulnier sur deux projets : la réalisation d’un magazine de l’ESS avec des Terminales STMG, et des interventions de sensibilisation dans le cadre du concours Jeunes Reporters d’Espoirs 2018 (JRE).

Localement, il n’est pas anodin non plus que Nice Matin se soit repositionné à la fois sur la thématique des « solutions » (#monjournal) et du « territoire » (#Nous) en même temps que sur la jeunesse (KidsMatin).

Nous avons grande responsabilité à expliquer aux plus jeunes qu’il faut à la fois prendre du recul avec les médias sans non plus penser qu’un journaliste est forcément un menteur. Faire le distinguo entre fake news et enquête sourcée professionnellement. Cela s’appelle le discernement. Nous avons grande responsabilité à leur expliquer que trier ses déchets n’est pas une lubie de bobos désœuvrés et qu’ils constituent la relève qui expérimentera au quotidien des « pratiques positives » dont leurs propres parents n’ont pas forcément idée. Faire le distinguo entre greenwashing et innovation sociale sincère. Cela s’appelle vivre avec son temps.

Voilà. Ressources renaît de ses cendres en quelque sorte…

Du reste, vous, chères lectrices et chers lecteurs fidèles, vous, chères abonnées et chers abonnés, vous, chers partenaires du magazine/journal, constituez en quelque sorte ces « cendres chaudes » sur lesquelles nous souhaiterions souffler encore un peu pour une seconde vie. Vous pouvez nous soutenir de différentes manières : en faisant connaître nos activités autour de vous, en donnant éventuellement un peu de temps, en nous soutenant financièrement y compris dans l’optique de la réactivation de votre journal…

Bref, Ressources n’a pas dit son dernier mot, d’une façon ou d’une autre.

Belle rentrée à toutes et tous.

Stéphane Robinson