Blog

Pas une guerre, une guérison ! Une résilience à soutenir…

Le 13 mars dernier, l’Etat français renvoyait chez eux l’intégralité des élèves et étudiants du pays. Une semaine avant l’instauration d’un confinement en France, une catastrophe pour notre association dont l’essentiel des activités se réalise dans les établissements scolaires de l’agglomération niçoise, des écoles primaires aux lycées en passant par les collèges. Chômage technique donc jusqu’au 4 mai prochain a minima. Mais pas chômage partiel par contre pour nous qui travaillons sous statut d’auto-entrepreneur pour chacune de nos interventions en éducation à la presse et aux médias, en ateliers philo…

C’est dans ce contexte que l’on peut désormais qualifier sans risque d’historique que nous sollicitons cette fois votre aide.
Avec pourquoi pas, à travers votre soutien, la possibilité de faire d’une pierre deux coups : soutenir nos projets éducatifs à court et moyen terme (confinement ou pas, nos apprentis reporters continuent de poster sur le site echos-vallee.fr), permettre l’édition d’un média indépendant de qualité qui ferait de la « résilience territoriale » le coeur de sa ligne éditoriale.

Oui, résilience.
C’était un « grand mot » pour beaucoup jusqu’à présent. Un concept passablement « intello ». Et voilà que le Président français en a fait le nom d’une vaste opération militaire contre ce nouvel ennemi invisible qui ne connaît aucune frontière d’aucune sorte. Ni géographique, ni sociale. Insulaire ou enclavé, premier ministre ou détenu : même tarif ! De fait, le terme est plus courant chez les militaires pour des raisons évidentes. Certes, ce même président peut lui-même être taxé de préciosité et d’élitisme à travers les mots qu’il décide parfois d’intégrer à ses discours. N’avait-il pas parlé d’hémistiche lorsqu’il évoquait la moitié de son mandat à l’automne dernier ?

Il n’empêche. Le mot est lâché à heures d’audience maximale sur les JT de France. La résilience est officiellement le nouveau storytelling des nations. Et davantage encore : des territoires. Tel était en substance, le message du « Petit traité de résilience locale » publié en 2015 aux éditions Charles Leopold Mayer. Ouvrage collectif (Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton et Pablo Servigne) qui expliquait que la résilience « s’adresse à la fois aux individus, aux collectivités et aux élus locaux qui sont en première ligne pour maintenir les fondamentaux de notre société : santé, alimentation, transport, gestion des ressources vitales, énergie, habitat. Loin de prôner le repli sur soi, les stratégies de résilience encouragent le partage, la coopération, l’autonomie créatrice et l’imagination de tous les acteurs locaux. »
Pour le moins visionnaire ce petit opuscule d’une centaine de pages concluait notamment en affirmant que « L’hyperconnectivité des sociétés mondialisées les rend très vulnérables tant à des épidémies qu’à des accidents technologiques. D’où un second paradoxe : la résilience telle que nous l’entendons est un ensemble d’outils pour le « grand débranchement », une panoplie de nouveaux métiers à des échelles de proximité permettant de regagner de l’autonomie par rapport à un système industriel tout en se reconnectant les uns aux autres et à la nature. C’est le principe de base des initiatives de transition. »

La même année, un grand magazine sortait en kiosques : le magazine Ressources. Je plaisante bien sûr… Disons que nous tentions de jouer dans la cour des grands. De 2015 à début 2018, en 8 numéros, vous avez pu constater le niveau d’engagement et de professionnalisme que fut celui de ce petit « média de proximité ». Et si nous projetions ensemble de donner une suite à cette belle aventure autour d’un nouveau média qui ferait la part belle à la résilience dans le prolongement de la ligne éditoriale que la plupart d’entre vous connaissent bien : indépendance, journalisme de solution, investigation sans concession, décloisonnement ?

Et si nous écrivions ensemble les chroniques de cette résilience locale dont il est quasi certain qu’elle sera le bénéfice collatéral de cette dramatique pandémie ? Nos gouvernants nous parlent de « guerre », et ne sont donc visiblement pas encore capables de pouvoir associer le concept de résilience autrement qu’à un lexique martial : ennemi, guerre totale, première ligne, combat, terrasser… C’est cet imaginaire qu’il convient également de transformer comme nous le rappelle avec pertinence Christine Marsan :  « Continuer à enseigner L’Art de la guerre ou Le Prince dans les écoles de commerce, de stratégie, à Sciences Po ou dans les séminaires de stratégie à l’attention des dirigeants, pose trois types de problèmes. Le premier est le postulat négatif de l’être humain, le deuxième est lié aux représentations véhiculées par la notion de guerre qui renforce l’imaginaire de l’affrontement et le troisième est l’anachronisme avec la réalité de la guerre et l’évolution de la conscience humaine. » (Entrer dans un monde de coopération, Une néo-RenaiSens, Edition Chronique Sociale, 2013).

Et si nous réalisions ensemble ce nouveau média régional, voire national, des chroniques de la résilience territoriale qui se concevrait comme vitrine des bonnes pratiques autant que comme lien entre les initiatives les plus inspirantes ?
Une « Nation d’apprenants » à l’heure du Covid-19 ? Très bien ! Et pourquoi pas après cette crise sanitaire une nation d’apprentis résilients ? Elus, entrepreneurs, associatifs, éducateurs, citoyens…

Certains d’entre vous se sont déjà engagés sur un engagement mensuel et nous tenons à les remercier à nouveau ici.
Objectif pour permettre d’activer ce nouveau projet d’édition dont le business plan est déjà écrit : 600 soutiens de ce type.

La résilience, c’est faire d’un traumatisme sinon une réussite, à tout le moins un projet de vie stable et épanouissant.

Merci dans cette épreuve collective sans précédent, et dont la réponse n’est pas une guerre mais bien une guér-ison, d’aider l’association Ressources à envisager de nouveaux projets utiles à son niveau. Qu’il s’agisse des jeunes comme des moins jeunes, faire notre part au quotidien avec ces quelques compétences qui nous sont les plus naturelles : informer, transmettre, coopérer.

Particuliers, aidez utile !
Investisseurs, investissez utiles !
Mécènes, soutenez utile !

Quels que soient les niveaux de soutien, ils sont utiles. Car si les deux précédentes grandes révolutions de l’humanité (Néolithique et industrielle) n’avaient rien à guérir avant que de se déployer, la Troisième Révolution qui se fait imminente fera les deux en même temps : inventer dans la résilience. Nul doute que l’éducation et l’information  auront toute leur utilité dans ce grand projet collectif.

Portez-vous bien et ressourcez-vous plus que jamais :
le vrai travail va bientôt commencer…

MERCI !

(Crédit photo : DR, interview de Marcel SARR, Responsable Pôle Médiation de l'association ADAM (06) avec les élèves du collège Jules Romains)

——–

NOUS AIDER, c’est ICI via la campagne de dons RESSOURCES & VOUS

Éduquer, médiatiser ou inventer : co-o-pé-rer !

La rentrée est déjà bien loin derrière nous, et nous voilà déjà dans les fêtes de fin d’année. Un petit bilan saisonnier de nos activités s’imposait.

Commençons par le projet résidence de Journaliste, projet de territoire se déployant sur la plaine du Var et associant désormais 8 établissements scolaires. Et se matérialisant par un site echos-vallee.fr accueillant les productions des jeunes reporters en herbe de 6 à 18 ans. C’est l’École des Magnolias qui a ouvert le bal de cette seconde saison du projet, toujours soutenu par la DRAC Paca. Avec une touchante restitution du World Clean Up Day ainsi que de très créatifs reportages sur la Banque Alimentaire. Le Lycée des Eucalyptus suit de près avec un article enthousiaste sur la pièce Projet Collapse d’Hugo Musella de la Compagnie Limite Larsen, jouée cet automne au sein de l’établissement. Tant d’élèves des autres établissements engagés sur le projet sont actuellement entrés dans leur sujet. Début 2020 s’annonce riche de productions : en qualité comme en diversité. Il va notamment être question de faune et de flore dans l’embouchure du Var.

Sur les ateliers philo, notre association est actuellement engagée avec l’association SEVE sur une étude d’impact menée par Johanna Hawken. Une étude au long cours, sur la quasi totalité de l’année scolaire, menée au sein de l’École Jean Macé 2 située en QPV (Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville).
Au lycée Estienne d’Orves, à Nice, un cycle de 5 ateliers philo de deux heures chacun, nous a été confié sur la thématique du vivre ensemble. A la clé, la réalisation d’un abécédaire de ce fameux vivre ensemble qui est peut-être un peu comme ces fameuses frites de la publicité : ceux qui en parlent le plus sont ceux qui en mangent le moins. Au menu justement : égalité, liberté, justice, initiative, politesse… Mais aussi toutes ces petites vertus qui, à défaut d’être cardinales, n’en restent pas moins capitales : générosité, urbanité, affabilité, discrétion… Si vous aviez apprécié le Petit traité des grandes vertus d’André Comte-Sponville, vous pourrez toujours prolonger la réflexion de l’ouvrage de Carlo Ossola paru cette année aux édition des Belles Lettres : Les Vertus Communes. Merci à la documentaliste du lycée, instigatrice du projet avec une professeure de Français, pour ce conseil lecture éclairé !

Enfin, Ressources reste connectée à ses thématiques de prédilection, notamment la coopération. Depuis le printemps dernier, la Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse (CAPG), nous avait confié la mission de co-créer et animer une table-ronde dans le cadre du festival des Solidarités 2019 (22 et 23 novembre 2019). Un titre/thème s’est naturellement imposé pour cette troisième édition dans le contexte alarmant et/ou alarmiste des thèses de l’effondrement : « Osons coopérer ». Un parrain et une invitée d’honneur aussi. Sur la problématique des territoires solidaires et résilients, Boris Cyrulnik nous a reçu chez lui pour une interview d’une heure et demi dont voici ci-après la version courte projetée ce soir-là. Un message sans demi-teinte que le Président de la CAPG et Maire de Grasse, Jérôme Viaud, a repris tel un claim dans son discours d’ouverture : la coopération, c’est vital ! Christine Marsan était notre invitée d’honneur. Psychosociologue et maïeuticienne des organisations, elle a signé une vingtaine d’ouvrages dont « Entrer dans un monde coopération – Une Néo-RenaiSens ». Nous avions enfin souhaité offrir une belle expression de diversité dans le choix de nos autres invités avec Geneviève Fontaine (SCIC Tetris), Gilles Pérole (Un Plus Bio), Isabelle Jöhr (Laine Rebelle), Jessica Pellegrini (French Tech Côte d’Azur) et Ludovic Asso (CCI de Nice). Je ne peux que remercier ici personnellement Valérie Tetu (Chargée de mission ESS de la CAPG) et Philippe Caner (CidiSol) qui sont les véritables instigateurs et artisans de ce nouveau rendez-vous du Pays de Grasse depuis 2017.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Bien sûr, reste la question de Ressources, le média. Nous dirons euphémiquement que nous sommes en réflexion. A en juger par l’issue surréaliste de la COP25 dans un monde où tous les voyants sont au rouge (hors ceux de la bourse !), il est clair qu’il va falloir plus que jamais donner la plus grande visibilité à toutes celles et tous ceux qui agissent concrètement et ingénieusement pour imposer ces nouveaux paradigmes. Qu’elles ou ils soient responsables d‘association, enseignant-e-s, chefs d’entreprise, agricultrices-teurs, élu-e-s, simples citoyen-ne-s…

Pour nous soutenir dans nos projets en cours et à venir, y compris dans la possible réactivation du média, il y a toujours notre campagne de dons Ressources&Vous.
Avec toujours ce petit rêve : que nos 400 abonnés nous soutiennent à raison de 5 € mensuels. Cela suffirait à faire renaître Ressources. Le média. Merci par avance !

Pour l’heure, très bonnes fêtes de fin d’année que nous vous souhaitons en tous points… ressourçantes !

 

(Crédit Photo : Philippe Caner – Les invités de la table-ronde « Osons Coopérer » du 23 novembre 2019. De gauche à droite : Gilles Pérole, Geneviève Fontaine, Christine Marsan, Ludovic Asso, Jessica Pellegrini, Isabelle Jöhr)

Une année d’éducation à la presse bien remplie !

Dans les Alpes-Maritimes, si le mois de mai 2019 n’est pas joli joli du point de vue météo, il l’est davantage sur notre bilan en matière d’éducation à la presse et aux médias. Oui, les 17 et 20 mai furent de bien belles journées bilan, rien à dire.

Résidence de Journaliste : une vallée riche en échos !
Le vendredi 17 mai, le lycée des Eucalyptus nous accueillait pour clore une année d’articles et de reportages dans le cadre du projet de territoire «  Résidence de Journaliste » soutenu par la DRAC Paca. Pour rappel, il s’agit pour des enfants de 8 à 18 ans, accompagnés par un journaliste professionnel, de produire des articles sur des thématiques rattachées aux enjeux du développement durable. Quatre établissements scolaires niçois étaient engagés sur cette toute première édition du projet « Résidence de Journaliste » : les lycées Thierry Maulnier et Les Eucalyptus, le collège Jules Romains et l’école primaire des Magnolias. Un seul terrain de jeu : la plaine du Var. A l’arrivée : une centaine d’heures d’intervention et plus de 50 articles postés sur le site de webreportage dédié : www.echos-vallee.fr

Merci aux différents enseignants associés au projet, non seulement pour leur investissement sans demi-teinte mais aussi pour avoir apporté leur sensibilité propre en matière d’angle et de tonalité. Pour boucler cette année riche en productions de nos journalistes en herbe, c’est donc au lycée Les Eucalyptus que les quatre établissements scolaires ont été réunis, dans leur grande salle de spectacles. Si les plus jeunes ont aussi retenu leur souffle ce jour-là, ce fut grâce à la présence d’un invité exceptionnel : Guillaume Néry, l’apnéiste niçois multirecordman mondial du poids constant. Le privilège d’écouter ce sportif particulièrement engagé sur la protection des océans, venu bénévolement partager son amour de la mer et de son sport. Guillaume Néry aura, dans cette même journée, accordé une interview exclusive a deux élèves du lycée : à écouter très prochainement sur notre site http://www.echos-vallee.fr Un moment d’émotion et de partage avec les différents enseignants et élèves, alors que la DRAC Paca a reconduit le projet pour l’année prochaine avec notre association. Avec pour la rentrée prochaine, quatre établissements supplémentaires admis en conférence de rédaction…

Classe média : une seconde qui n’en est plus à sa première…
Changement de décor lundi 20 mai pour la clôture d’une année d’éducation à la presse de la classe médias du lycée Thierry Maulnier : la 2nde 8. Une année riche en interventions : du métier de journaliste au journalisme de solution, en passant par les techniques de journalisme radio. Et puisque justement la vidéo n’a pas tué la radio (air connu), c’est l’animateur radio, réalisateur et journaliste Sébastien Sigaut qui était à la manoeuvre pour terminer en beauté cette année 100% médias. Le décor: le CDI du lycée. Les personnages en guest : 4 journalistes 100% locaux dont votre serviteur. Quel plaisir de retrouver mes consœurs Aurélie Selvi (Kids Matin) et Sophie Casals (Nice Matin, Journalisme de solution), ainsi que mon confrère Sébastien Sigaut. Ce dernier avait placé ses micros dans une petite salle du CDI et animait ce jour-là un petit plateau qui a vu défiler l’ensemble des élèves autour de l’exercice périlleux de la chronique radio. Mention spéciale aux deux élèves, Louna et Manon, qui animaient ce plateau non improvisé, conducteur à l’appui, aux côtés de Sébastien… Nous avions déjà pu le constater tout au long de l’année, mais il ne faut surtout avoir aucune inquiétude quant à la relève !

Bien sûr, comme je l’ai fait dans la grande salle de spectacle du lycée des Eucalyptus, je souhaiterais remercier ici nominativement les personnes impliquées dans ces deux projets si réussis à l’aune de la qualité des productions et de la satisfaction de leurs jeunes auteurs. Nominativement et in extenso. Cela est impossible eu égard au dimensionnement du projet. Je remercierai donc plus génériquement et dans l’ordre les documentalistes, qui portent ces projets au plus amont, les enseignants qui osent sortir de leur zone de confort et de leurs programmes respectifs pour offrir de passionnants projets alternatifs mais non moins pédagogiques à leurs élèves, et enfin les chefs d’établissements (qui sont aussi des enseignants dans le primaire) qui donnent leur feu vert à des projets audacieux qui les engagent. Sans ces acteurs clés de l’éducation nationale, rien de tout ceci n’est envisageable. Il semblait juste à nos yeux d’intégrer aussi dans ce bilan que l’ouverture vient souvent… du dedans !

A l’année prochaine pour de nouvelles aventures journalistiques avec de nouvelles graines de reporters qui ne demandent qu’à germer !

Stéphane Robinson

(Crédit Photos : Patricia Basin)

Jardin urbain, jardin secret ?

Dans le cadre du projet « Résidence de Journaliste » porté par notre association Ressources, un excellent article de jeunes de 3ème du Collège Jules Romains, à Nice. Ils sont là les jeunes, et pas seulement en mode manif !

ÉCHOS VALLÉE

Par les aménagements récents de la vallée du Var, nouveaux bâtiments, tramway… L’urbanité prend la place d’anciennes terres agricoles. Pourtant les habitants manquent de nature. Voilà pourquoi des jardins, dits urbains, sont aménagés.

Qu’est-ce qui fait le succès des jardins ? Qu’est-ce qui pousse les gens à jardiner ? Pour répondre à ces questions, nous avons enquêté sur plusieurs jardins partagés, celui des citoyens des Moulins, le potager de la Recyclerie, le jardin caché du collège Jules Romains et enfin la ferme Bermond.

Écologie, recyclage, convivialité, lien social sont les maîtres mots de ces jardins.

Au bout du boulevard Paul Montel, un petit chemin qui nous mène vers un grand monde, peuplé de chèvres, de poules, d’oie, de canards et même d’un furet ! C’est ici que nous avons rencontré Stéphane Gasto, le fermier. Il nous a pris par la main et nous a fait visiter son univers. L’histoire de…

Voir l’article original 858 mots de plus

Liberté, Égalité, Fraternité… Philosophie !

«  Dans les ateliers philo, j’ai aimé le moment où il y avait des débats qui eux étaient impressionnants. Ces débats étaient incroyables car chacun de nous avait une idée différente. »

Non, ceci n’est pas une lapalissade de comptoir, mais une des petites perles ramenées lors de la toute première intervention officielle de l’association Ressources en atelier philo. Un temps de restitution écrit plus qu’encourageant sur la suite à donner à celle-ci (voir en fin de ce post).

Au commencement était un projet porté par le Forum Jacques Prévert (Carros) en lien avec le Lycée Thierry Maulnier (Nice) : « Liberté, égalité, Fraternité… et moi dans tout ça ? » Au menu : ateliers philo et ateliers d’écriture/correspondance entre des élèves de seconde et des apprentis du CFA Nice Côte d’azur. Un projet soutenu par la Région Sud dans le cadre du dispositif INES (INitiatives Educatives Scolaires). Si nous animons les ateliers philo, les ateliers d’écriture sont menés par Julie Villeneuve, auteure et metteure en scène de la Compagnie Le Facteur Indépendant, en partenariat avec le Théâtre Juliette Greco de Carros. Au printemps prochain, des rencontres entre ces lycéens et apprentis sont prévus, avec notamment une mise en voix de certains textes et avec restitution publique.

Côte philo, nous avons proposé un cycle de 3 séances en demi-groupe, soit 6 ateliers au total. En préambule quasi obligé : « Qu’est-ce que philosopher ? ». Lors de la seconde séance, nous avons débattu sur la relation entre égalité et liberté : « L’égalité est-elle une condition nécessaire à la liberté ? ». Nous sommes partis pour cela d’un inducteur on ne peut plus visuel. Enfin, à partir de la question philosophique par excellence, celle du bonheur, nous avons souhaité induire la notion plus actuelle que jamais d’engagement, sollicitant Périclès pour l’occasion : « Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. » En guise d’inducteur, nous avons osé justement. Dans un lycée de la République, projeter la bande-annonce du film Libre sur l’engagement si courageux de Cédric Herrou auprès des migrants. Engagement qui aura permis, entre autre faits d’armes, d’interpeller la constitution elle-même afin qu’y soit définitivement consacré le « principe de fraternité ».

Pour résumer ces six heures de débat, je préfère donc m’effacer face au petit florilège de réactions qu’a permis le principe d’une restitution écrite, un peu plus tard, avec les professeurs. Une chose est certaine : élèves comme professeurs en redemandent ! Deux autres lycées de Nice (Guillaume Apollinaire et Estienne d’Orves) ont d’ores et déjà réservé leurs ateliers philo avec nous. Pour l’heure, ces morceaux choisis d’élèves pour le moins conquis…

 

Palme de la créativité philosophique
(non corrigé orthographiquement volontairement)

«  Philosopher c’est résonné avec sa pensée »

Ce qui m’a surpris

« On n’a rien écrit. Je pensais qu’on allait écrire mais pas du tout. »
«  Ce qui m’a surpris dans les ateliers philo c’est le fait de parler avec l’esprit ouvert. »
«  Ce qui m’a surpris dans les ateliers philo c’est le sens de certains mots qui prennent une tournure. »
«  On a su s’écouter même si on n’était pas d’accord. Et on peut philosopher sur n’importe quoi. »
« Ce qui m’a surpris c’est lorsqu’au début de la séance, on prenait un temps pour « méditer » afin de se mettre dans la séance ».

Ce que j’ai aimé

« Tout le monde avait droit à la parole. »
« Ce que j’ai aimé c’est la liberté de parole. »
«  La détente de ce cours et la liberté d’expression. »
« Discuter avec les gens, avoir leur avis, savoir leur façon de penser, débattre avec les gens. »

Ce que je n’ai pas aimé

«  Ce que j’ai le moins aimé, c’est quand les questions qu’il nous posait, j’aurais aimé avoir une réponse un peu plus claire. »
«  La gêne »
« Le calme »
« C’est que nous n’avons pas les réponses à certaines questions. »

Ce que j’ai retenu

« Qu’il y a tout le temps un pour et un contre dans un débat. »

Ressources, chapitre II

Le 29 mars dernier, la SAS Pressliber éditrice du magazine et journal Ressources faisait l’objet d’une liquidation judiciaire. En huit numéros et deux formules, nous avions tout donné, tout tenté… Une belle aventure de trois ans d’édition de presse prenait fin, non sans le regret de n’être pas passé bien loin d’une réelle pérennisation du titre. Les retours de nos lectrices et lecteurs, autant que celui de nos consoeurs et confrères, nous ont à la fois touchés et confirmés que nous étions sur « un bon produit ». Sans parler de nos deux prix Éco-reportage (2016 et 2017).

Ce qui n’étaient pas forcément visible dans cette intense activité journalistique : nos autres engagements parallèles sur le front de l’éducation. Bien avant la création du magazine/journal Ressources, nous étions en effet engagés chacun de notre côté, Aurélie Selvi (Rédactrice-en-Chef associée de Ressources) et moi-même, sur différentes activités relevant de la de la transmission. Tous niveaux : de l’école primaire jusqu’en fac. Tous azimuts : de l’éducation aux médias jusqu’à la prévention de la récidive. Oui, nous ne manquons pas nous -même de ressources dans cette équipe…

Début 2018, à la faveur d’un appel à projet de la DRAC Paca, « Résidence de Journaliste », sur lequel nous reviendrons bientôt, et alors que nous faisons face à une demande importante sur les ateliers philo, nous avons décidé de faire renaître Ressources sur un modèle économique différent, plus léger. L’association loi 1901 Ressources est née le 8 mars (ça ne s’invente pas), associant projet éducatif, engagement sur la Transition et… possible réactivation des activités d’édition journalistique.

Il n’est pas anodin que développement durable et journalisme s’articulent ainsi de façon crescendo dans notre pays. Et cela, pas seulement depuis les attentats de 2012. L’émergence d’un journalisme de solution qui est tout sauf un journalisme des « bonnes nouvelles », la manipulation des médias traditionnels, le phénomène d’infobésité tous médias confondus, l’urgence écologique chaque jour plus visible, la prise au sérieux des théories de l’effondrement… Les journalistes ont plus que jamais la responsabilité de ne pas se focaliser uniquement sur « les trains qui arrivent en retard » pour faire de l’audience. En 2011, un an donc avant les attentats de Toulouse, était créé le site de journalisme de solution SparkNews ainsi que l’Impact Journalism Day. Son credo : « Pour construire un monde meilleur, commençons par le raconter autrement, et valorisons les initiatives à impact positif pour restaurer la confiance et redonner l’envie d’agir. »

Cette année, avant même la création de l’association Ressources, j’étais personnellement engagé au sein du lycée Thierry Maulnier sur deux projets : la réalisation d’un magazine de l’ESS avec des Terminales STMG, et des interventions de sensibilisation dans le cadre du concours Jeunes Reporters d’Espoirs 2018 (JRE).

Localement, il n’est pas anodin non plus que Nice Matin se soit repositionné à la fois sur la thématique des « solutions » (#monjournal) et du « territoire » (#Nous) en même temps que sur la jeunesse (KidsMatin).

Nous avons grande responsabilité à expliquer aux plus jeunes qu’il faut à la fois prendre du recul avec les médias sans non plus penser qu’un journaliste est forcément un menteur. Faire le distinguo entre fake news et enquête sourcée professionnellement. Cela s’appelle le discernement. Nous avons grande responsabilité à leur expliquer que trier ses déchets n’est pas une lubie de bobos désœuvrés et qu’ils constituent la relève qui expérimentera au quotidien des « pratiques positives » dont leurs propres parents n’ont pas forcément idée. Faire le distinguo entre greenwashing et innovation sociale sincère. Cela s’appelle vivre avec son temps.

Voilà. Ressources renaît de ses cendres en quelque sorte…

Du reste, vous, chères lectrices et chers lecteurs fidèles, vous, chères abonnées et chers abonnés, vous, chers partenaires du magazine/journal, constituez en quelque sorte ces « cendres chaudes » sur lesquelles nous souhaiterions souffler encore un peu pour une seconde vie. Vous pouvez nous soutenir de différentes manières : en faisant connaître nos activités autour de vous, en donnant éventuellement un peu de temps, en nous soutenant financièrement y compris dans l’optique de la réactivation de votre journal…

Bref, Ressources n’a pas dit son dernier mot, d’une façon ou d’une autre.

Belle rentrée à toutes et tous.

Stéphane Robinson